Salle Pluri-IN-disciplinaire de spectacles, Objet culturel sans stratégie

Édito de juin

L’édito de Chraz

40094_5Amis habitués du zoo cournonnais, avez-vous vu que votre Baie babouinesque était devenue plus belle et plus sûre ? Un douillet cocon de placo-plâtre la tapisse de la cave à la charpente, des portes coupe-feu neuves ont remplacé les anciennes presque neuves dont le pinceau avait caché la mention « coupe-feu » – sinon comment les flammes l’auraient su ? – et ces améliorations apparemment idiotes à 40 000 € seulement garantissent désormais que vous sortirez vivants de ce lieu où vous auriez pu mourir, vous pouvez chanter les louanges des « nouvelles normes » ! Terminée l’angoisse qui vous prenait aux tripes pendant les spectacles de peur d’une catastrophe due aux « anciennes normes » qui ne répondaient plus aux « nouveaux dangers ». Vous devez la vie aux technocrates, ceux-là même qui avaient interdit l’accès des transformateurs EDF aux jeunes coursés par la police et supprimé la discrimination des handic… euh, des personnes à mobilité réduite qui vont bientôt pouvoir accéder à tous les endroits de tous les établissements recevant du public grâce à des ascenseurs qui monteront jusque sur le toit parce que y a pas de raison ! Comme ça les hôtels vétustes de nos villages céderont la place à des Formule Un parce que c’est pas le tout d’être charmant, il faut aussi pouvoir parler à sa machine à Carte Bleue 24 h sur 24 !

Ces nouvelles normes fournissent du travail aux compliqueurs de normes, aux contrôleurs de normes qui organisent aussi des stages obligatoires très chers pour expliquer les normes, aux pompiers qui vérifient les normes et aux psychiatres qui soignent les propriétaires après le passage des commissions de sécurité. Vous le voyez, ces « normes » qui changent tout le temps donnent du boulot à tout le monde sans qu’on ait besoin de faire la guerre, rien de plus normal !

Avant, pour avoir du boulot, on allait bombarder Hiroshima, Berlcertification-de-conformite-aux-normes-000361022-product_zoomin ou Bagdad avant d’y envoyer Bouygues et Vinci pour réparer les dégâts. Aujourd’hui on change simplement les normes, comme ça les propriétaires cassent eux-mêmes leurs bâtiments et les reconstruisent à leurs frais. C’est de la rénovation en circuit court non délocalisé et à part quelques suicides, pas de victimes ! Merci qui ?

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